De Havilland DH-100 Vampire
Les Vampire acquis par les Forces aériennes
- 4 Vampire DH-100 Mk 1 pour les essais à la troupe en Suisse. Utilisés plus tard comme avions-cibles pour la DCA. Eengagés entre 1946 et 1961. Le premier appareil, le J-1001, a déjà dû être retiré le 02.08.1946 suite à un accident au décollage.
- 75 Vampire DH-100 Mk 6 acquis en Grande-Bretagne. Engagés entre 1949 et 1973. La plupart des avions ont été retirés du service en 1968/1969.
- 100 Vampire DH-100 Mk 6 construits sous licence. Engagés dès 1951. Un nombre considérable fut retiré du service en 1974, des liquidations suivirent en 1988.
- 3 Vampire DH-100 Mk 6 construits en 1960 à partir de pièces de rechange de F+W. Il s'agit des avions J-1080, 1081 et 1082. En 1978, ils ont été équipés du Stereofot, un système qui a été engagé sur les avions-cibles.
- 39 Vampire-Trainer DH-115 Mk 55 engagés entre 1953 et 1990.
Ces paroles sont celles du conseiller national indépendant bâlois Moeschlin; elles ont été prononcées lors de la session d'été des chambres, en 1947, plus précisément lors des débats concernant l'acquisition de 75 des 100 VAMPIRE initialement proposés. Au cours des mêmes discussions, on apprend que le groupe socialiste a demandé de proposer au Conseil fédéral de rejeter la commande et d'éclaircir encore quelques questions. Le groupe se prévaudrait de s'être engagé depuis des années pour nos Forces aériennes, mais qu'il manque entre autres une conception globale pour notre défense nationale.
Encore une particularité issue des débats du conseil des Etats lors de sa session d'automne de 1947. A cette époque, on s'inquiétait déjà des achats compensatoires; ainsi, un conseiller aux Etats schwyzois se demandait s'il n'était pas possible d'affecter une partie de la somme de livraison au service du tourisme, dans le sens où il serait mis à disposition de vacanciers britanniques en Suisse.
Nous savons maintenant comment s'est déroulée l'acquisition des VAMPIRE. Une première série de 75 appareils fut livrée aux Forces aériennes en 1949 et 1950. L'acquisition d'une deuxième série de 100 avions suivit un an plus tard. Dès 1953, on engagea également des avions biplaces.
Retour à la genèse de l'histoire de nos VAMPI
Octobre 1945, on envoya une commission technique en Grande-Bretagne, ce pour se familiariser avec les conditions à l'étranger. En mars 1946, on y délégua une commission de pilotes afin d'évaluer les différents chasseurs britanniques qui passaient pour les plus modernes de l'époque. La commission acquit bientôt la conviction que seul l'avion de combat monoplace à moteur à réaction entrait en ligne de compte et c'est à l'unanimité qu'elle fit la proposition d'acquérir 100 VAMPIRE DH-100 produits par l'entreprise De Havilland Aircraft.
Mais il se trouva également des voix qui s'élevèrent pour critiquer, également au sein des Forces aériennes. Quelques messieurs soutenus par un prophète d'outre-Rhin expert dans l'art de la guerre craignaient, entre autres, qu'un avion à réaction fût beaucoup trop rapide pour attaquer des buts terrestres. Ils faisaient également état d'autres préoccupations. Ainsi sur un document daté de 1946:
«Comme inconvénients déjà reconnus, il faut mentionner:
- Combustion de l'herbe par les gaz d'échappement émanant de la propulsion par réaction. Par forte fréquentation d'une place par plusieurs avions durant quelques jours, l'aérodrome se transforme très rapidement en 'désert de sable'. L'aspiration de sable et de pierres provoque très vite des problèmes de propulsion.
- important danger d'incendie en cas de décollages manqués et d'atterrissages forcés
- danger d'accident accru pour nos équipages en raison de la vitesse élevée à basse altitude.»
Le Hawker SEA FURY à moteur à cylindre, britannique lui aussi, leur semblait beaucoup plus adéquat. Autre problème: le maintien de l'industrie aéronautique suisse qui luttait pour sa survie. A cette époque déjà, certains quotidiens ont non seulement mis en doute l'opportunité de ce type d'avion pour nos Forces aériennes et les conditions qui étaient alors les nôtres, mais ils ont également soulevé le problème de la nécessité d'une arme aérienne pour notre défense nationale.
Lors des essais en Suisse et en Grande-Bretagne, le VAMPIRE fut presque toujours bien noté. Bonne puissance de feu, robustesse, facilité d'entretien. La qualité particulière de sa visibilité fut également mise en exergue. Autre qualification digne d'être mentionnée: la stabilité de l'avion en dépit de son poids au combat élevé, à condition qu'il soit bien piloté. Le chef de délégation, le major William Frei (surnommé par la suite «Düsenwilli») écrivait en décembre 1946 dans un rapport élogieux à l'attention du président de la Confédération Kobelt, alors chef du DMF: «Quant à notre VAMPIRE J-1004, nous ne pouvons malheureusement vous en dire que du bien le mot 'malheureusement' fut souligné en rouge par le conseiller fédéral Kobelt qui l'accompagné d'un point d'interrogation. Seule catastrophe majeure que je pourrais vous prédire pour nos forces aériennes: le refus d'acquérir le VAMPIRE.» - et de poursuivre - «Nous jouissons à l'heure actuelle d'une bienveillance remarquable en Grande-Bretagne, les avantages dont nous bénéficions sont tout simplement fantastiques...»
On envisageait les problèmes majeurs dans le domaine de l'instruction des pilotes et de leur faculté d'adaptation à ces avions très rapides. Citation tirée d'un article de 'Flugwehr und Technik': «La sélection des pilotes désignés pour les avions à réaction rapides se devra certainement d'être très minutieuse; en effet, les accélérations que l'on peut atteindre avec de tels avions imposent des exigences considérables à la constitution du pilote, à sa capacité de réaction et à sa discipline de vol.»
Pour les pilotes suisses, le VAMPIRE est à l'origine de toute une série de nouveautés qui vont de soi aujourd'hui. Qu'il suffise de mentionner, outre l'absence d'hélice, la combinaison anti-g. En 1950, l'Institut de médecine aéronautique s'engagea vivement pour que le pilote 'ait des conditions optimales quant à son équipement'. C'est ainsi que le ceinturon de cuir fut remplacé par une ceinture élastique et qu'on introduisit une combinaison légère. Faute d'installation de conditionnement d'air digne de ce nom, on tenta de maîtriser la chaleur estivale en distribuant des casques blancs aux pilotes. Au début des années soixante, tous les VAMPIRE furent équipés d'un siège éjectable de type Martin-Baker, d'un paquet de survie et d'un nouveau manche à balai.
Le 12 juin 1990, les derniers VAMPIRE furent retirés de l'école de pilotes à l'occasion d'une fête qui eut lieu sur l'aérodrome d'Emmen. Pour un avion datant de la fin des années 40, on avait prévu une longévité maximale de dix ans. Inutile de dire que le VAMPIRE nous aura surpris.
Dernière modification: 22.10.2010





